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Les palmiers résistants au froid



Plusieurs espèces de palmiers peuvent pousser dans nos contrées tempérées. Ils possèdent une résistance naturelle au froid qui leur permet de résister un certain laps de temps à des températures en dessous de zéro.

Un excellent exemple régional est la ville de Montreux. Sous l’impulsion de leur ancien jardinier chef, plusieurs palmiers furent plantés le long de la promenade. Ils se portent à merveille, et prospèrent remarquablement bien. La variété la plus représentée est le trachycarpus fortunei. Je vous propose de partir à la rencontre de ces palmiers un peu spéciaux.

Les variétés et leur résistance.
Deux espèces seulement poussent naturellement en Europe, le Chamaerops humilis et le Phoenix theophrastii.
Les autres genres résistants au froid proviennent d’Amérique du Nord pour Brahea, Rhapidophyllum, Sabal et Washingtonia. Butia, Jubaea et Trithrinax, sont d’origine sud-américaine. De l’Afrique du Nord à l’Asie, on trouve aussi Phoenix dactylifera et canariensis, Nannorhops ritchieana, et enfin les huit espèces de Trachycarpus.

Toutes ces variétés ont, bien entendu, des valeurs de résistance au froid variables, dont voici une petite liste exhaustive.

Brahea armata (-12°C)
Brahea edulis (-10°C)
Butia capitata (-12°C)
Butia eriospatha (-12°C)
Butia yatay (-12°C)
Chamaerops humilis ( -12°C)
Jubaea chilensis (-15°C)
Nannorrhops ritchieana (-20°C)
Phoenix canariensis (-10°C)
Phoenix dactylifera (-12°C)
Phoenix theophrastii (-12°C)
Rhapidophyllum hystrix (-20°C)
Sabal bermudana (-10°C)
Sabal palmetto (-10°C)
Sabal minor (-15°C)
Trachycarpus fortunei (-18°C)
Trachycarpus latisectus (-10°C)
Trachycarpus martianus (-10°C)
Trachycarpus nanus (-15°C)
Trachycarpus takil (-18°C)
Trachycarpus wagnerianus (-18°C)
Trithrinax campestris (-12°C)
Washingtonia filifera (-10°C)
Washingtonia robusta (-8°C)

En théorie
Ils pourraient tous pousser sous nos latitudes, par exemple au bord du lac Léman, ou du lac de Lugano. Tous les autres endroits bien protégés des vents dominants, seraient adaptés. Les résistances exposées ici ne sont qu’indicatives, et sujettes à beaucoup de paramètres. Un Trachycarpus fortunei supportera une température de –18°c pendant quelques jours, mais certainement pas deux semaines! Soyez donc extrêmement vigilants et analysez précisément la climatologie du lieu auquel le palmier est destiné.

Dans la pratique
Certaines espèces, voire certains spécimens, se révèleront peut-être plus résistants encore aux contraintes climatiques.
Dans le cas d’une vague de froid exceptionnelle et prévisible, les palmiers qui possèdent une protection naturelle de fibres sur le stipe résisteront mieux que les variétés glabres. Faites donc attention de plus protéger ces derniers. Le temps joue pour vous, car tous les palmiers se fortifient avec l’âge. Les vieux spécimens ne nécessitent normalement presque plus de protection.
En pot ou en pleine terre ?
Les palmiers cultivés en pot, surtout les jeunes plantes, souffrent beaucoup plus du froid qu'un spécimen de la même espèce cultivée en pleine terre. Les racines sont en effet l'une des parties les plus fragiles de ces plantes, et se trouvent très vite atteintes par le froid. Seul le pot les sépare de l’air ambiant. Rentrez-les dans un local non chauffé si vous le pouvez, ou aménagez une protection adéquate autour du pot. Elle peut être constitué de paille et de toile de jute, le tout ceinturé par une ficelle.
En pleine terre, une protection me semble aussi nécessaire. Le principe peut être le même pour le pied de la plante que celui que je vous ai décrit plus haut. Le stipe mérite aussi une protection lors des grands froids. De la paille maintenue contre le tronc par de la toile de jute est aussi une bonne solution. Je vous conseille d’éviter les plastiques à bulle, car il génère trop de condensation entre la plante et la protection.
Si vous avez la chance d’habiter dans un endroit qui correspond aux exigences d’un palmier, plantez un spécimen sans hésitation.Vos meilleures chances seront probablement avec trachycarpus fortunei, ou :

Chamaerops humilis, le palmier de Méditerranée.
Le Chamaerops humilis ne présente souvent qu’une courte partie aérienne à l’état sauvage, d’où son nom. En culture, ce magnifique palmier ornemental peut atteindre 8 mètres de hauteur avec plusieurs stipes inclinés et la beauté des spécimens âgés est absolument renversante. Les pépiniéristes du monde entier ne s’y sont pas trompés et le Chamaerops humilis est aujourd’hui l’un des palmiers les plus cultivés. Il est très rustique au froid, à la sècheresse et, fait non négligeable pour les Français sur la façade atlantique, très résistant aux embruns. Il peut survivre à des températures de -12°C, où les feuilles peuvent être atteintes mais rarement le coeur. La plante sort normalement une nouvelle couronne de palmes après de tels froids, et même si la partie centrale de la plante est détruite, des rejets apparaîtront normalement au printemps suivant.
Le Chamaerops humilis est donc relativement indestructible, et sera le roi de votre espace méditerranéen.


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