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Fumer

Non, n'ayez pas de craintes, ce n'est ni de pipe, de cigarette ou d'herbette dont nous parlerons, mais d'engrais.
Définition.
Fumer: femare de femus, fumier; apporter à une terre du fumier, un engrais.
Fumure, (engrais ou amendement) d'engrais que l'on apporte au sol pour une culture. Action d'apporter à un sol de l'engrais.
Ou un amendement. On parle de fumure d'entretien destinée à maintenir la fertilité acquise ou de fond destinée à couvrir les besoins d'une plante pérenne durant de nombreuses années.
La loi de la restitution dit, qu'il faut redonner au sol les éléments nutritifs, que la culture lui à pris lors de la récolte. Cette loi, très à la mode aujourd'hui, permet d'entretenir la terre cultivée lorsqu'on exporte des légumes, des fruits et des fleurs.
Durant de nombreuses décennies, les cultivateurs ont cru qu'il suffisait d'apporter de l'engrais en grande quantité pour que le volume des cueillettes augmente en proportion. On sait aujourd'hui qu'il n'en est rien qu'il suffit de garder des valeurs d'engrais équilibrées pour que le jardin reste une terre de Canaan.
Apporter judicieusement de la nourriture aux plantes est un facteur de réussite. En limitant les fumures à l'indispensable, on respecte le sol et l'environnement.
Les engrais.
Azote, Phosphore et Potasse sont les engrais de base principaux auxquels il faut ajouter les micro-éléments comme le Bore, le Fer, le Manganèse, le Magnésium etc. etc.
Les engrais se trouvent sous deux formes différentes: les engrais organiques et les engrais industriels que l'on appelle faussement chimiques.
Les engrais organiques se recrutent dans le compost, le fumier et, jusqu'à l'an dernier, dans de savantes recettes à base d'os de sang et de raclure de corne. Sacrifiés pour cause de vaches folles, les os et le sang sont bannis des engrais organiques; les raclures de corne, dans un premier temps, aussi interdites sont maintenant réhabilitées! Heureusement car, la corne et les ongles apportent l'azote indispensable à la croissance.
Lorsqu'on distribue du compost ou du fumier, on fait coup double car, en plus de la nourriture, on améliore la qualité physique de la terre. Le compost allège les terres argileuses et il donne du corps aux terres graveleuses. Dans un cas comme dans l'autre, le sol devient plus facile à travailler, il gère mieux l'humidité et augmente la vie microbienne utile et, par cela, augmente la vigueur des plantes. Un sol riche, bien structuré et vivant laisse une végétation saine et abondante: ce sont sur ces valeurs que se base une bonne partie de l'idéologie "Bio".
Les engrais industriels sont des concentrés que l'on trouve en granulés, ou sous forme de sels solubles directement assimilables par les végétaux; ils sont faciles à mettre en oeuvre. Les valeurs stables qu'ils renferment, font des engrais industriels, une nourriture toujours égale que l'on peut très facilement fragmenter. Ainsi, mis régulièrement à la disposition des racines, les engrais profitent aux plantes sans polluer les eaux souterraines ou les lacs. Souvent décriés, les engrais du commerce sont malgré tout d'excellents compléments pour la culture des plantes en bacs, en pot ou des surfaces vertes.
Distribuer l'engrais.
On peut affirmer, sans se tromper, qu'aujourd'hui la loi de la restitution est la règle que tout cultivateur doit appliquer. On sait qu'il ne sert à rien de pousser les doses d'engrais dans le but d'augmenter les récoltes; cette méthode mène irrémédiablement à de grands problèmes. Il n'est pas rare de constater des jardins au sol devenu stérile par excès de nourriture stockée dans la terre! Le retour à la productivité n'est pas une simple action à mettre en oeuvre, car certains éléments ne se lessive pas et qu'il faut des années pour les "utiliser". Des déséquilibres nutritionnels peuvent survenir lorsqu'on apporte trop souvent du compost; c'est généralement un excès de phosphore qui dérègle la stabilité. Il faut alors prévoir la distribution d'engrais ne contenant pas de phosphore (engrais ne renfermant que de l'azote N et de la potasse K).
Bien entendu, tout apport d'engrais, qu'il soit industriel ou sous forme de compost, devrait être subordonné à une analyse de terre
Quand?
Dans la plupart des cas, il est inutile de vouloir apporter en une seule fois les doses utiles aux cultures, sauf si vous avez décidé d'épandre des engrais longues durées capables d'engraisser lentement les plantes durant 3 ou 6 mois.
Pour les cultures en pleine terre, potager, verger et pelouse, il faut donc diviser la portion annuelle en trois, que l'on déposera la première fois, lors de la mise en place de culture ou vers la fin mars; le second apport aura lieu vers fin mai, début juin et, le dernier, fin juillet, début août. Que vous donniez de l'engrais naturel sous forme de fumier, de compost ou d'engrais du commerce la règle reste la même.
Pour les cultures en pots ou en bacs, il faut penser au lessivage causé par les arrosages! Il faut donc donner, en début de saison, de la nourriture de fond puis, le plus régulièrement possible de la nourriture d'appoint. L'idéal serait de d'apporter, lors de chaque arrosage, une petite dose (une 1/2 dose) afin que les plantes aient toujours à disposition de quoi se nourrir.
Comment?
Dans le jardin, les engrais granulés sont distribués à la main puis légèrement enfouis à l'aide d'une binette. Pour les gazons, l'emploi d'un distributeur d'engrais est fortement conseillé, car il permet une distribution régulière. La bonne solution consiste à effectuer deux passages croisés pour que la nourriture soit bien répartie.
Pour les pots et bacs, l'emploi d'engrais liquides ou de sels à diluer est une solution qui permet d'apporter juste ce qu'il faut.
Si vous apportez de l'engrais de ferme (compost, fumier) vous devez évaluer la quantité à distribuer de la manière suivante:
Pour les cultures à besoins modestes, comme les haricots, les pois, la doucette, les radis et les arbres fruitiers, 1 à 2 l de matière organique par m2 suffit.
Pour les besoins moyens, comme les légumes feuilles, les fleurs à couper et les petits fruits vous devez compter 4 litres de compost ou de fumier.
Pour les cultures à grands besoins, comme les pommes de terre, les choux les bettes, les racines rouges et les céleris 5 à 6 litres de matière.
Prenez cependant garde de ne pas apporter, chaque année du compost, afin d'éviter, comme dit plus haut, les surplus de phosphore.
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