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La cheimatobie



Les fleurs de nos arbres fruitiers ont laissé place à de minuscules fruits et de belles feuilles, mais un ravageur redoutable les guette. Extrêmement polyphage, la chenille de ce petit lépidoptère peut causer de graves dégâts. Sa démarche caractéristique lui vaut le nom de «chenille arpenteuse».
Cette chenille se déplace en s’arc-boutant sur ses deux paires de fausses pattes réduites. D’une très jolie couleur vert-jaune, possédant une ligne dorsale plus sombre ainsi que des bandes latérales blanches, elle a un air plutôt sympathique. Mais que l’on ne s’y trompe pas: cette larve d’environ 3 cm de longueur ne laissera aucune chance au bouton floral qu’elle croisera.

Dimorphisme sexuel
La cheimatobie ou phalène hiémale est un Géométridé caractérisé par un dimorphisme sexuel très prononcé. La femelle est incapable de voler, ses ailes étant fort réduites et très rudimentaires. Elle se déplace toutefois avec beaucoup d’agilité. Le mâle est un papillon avec des ailes normales d’une envergure de 20 à 25 mm, mais d’une couleur brun-gris assez terne.

Biologie
Les œufs sont le plus souvent placés sur des brindilles, dans les anfractuosités des écorces ou à l’aisselle des bourgeons. Au début du printemps, les œufs commencent à éclore d’une manière très échelonnée, du 20 mars jusqu’à fin avril. L’évolution de la chenille dure environ 40 jours, temps qu’elle met à profit pour pénétrer dans les bourgeons qui s’épanouissent et pour commettre de graves ravages tout au long de la croissance végétative. Lorsque notre gourmande arrive à maturité, elle se laisse pendre jusqu’au sol par un fil soyeux, puis s’enfonce de 5 à 10 cm sous terre. C’est là que la chenille devient nymphe, dans une coque terreuse. Cette diapause dure tout l’été. L’automne venu, le papillon émerge du sol à l’état adulte et s’en va à l’aventure à la recherche de l’âme sœur. Mâles et femelles se retrouvent, l’un voletant et l’autre marchant sur les branches, afin de s’accoupler. Cette activité des imagos dure en général environ deux mois et se termine au début du mois de décembre.

Les dégâts
Notre petite chenille arpenteuse est une espèce polyphage qui s’intéresse à de nombreuses essences fruitières, forestières et ornementales. Les jeunes larves s’attaquent d’abord aux organes des bourgeons et peuvent détruire des inflorescences entières, avant de s’attaquer aux feuilles et finalement aux fruits dans leur dernier stade de développement.

Lutter
Le plus simple moyen pour lutter contre la cheimatobie est une approche préventive avec un traitement ovicide en hiver, suivi par des traitements curatifs en cas de forte présence sur les plantes. Pour la lutte préventive, une huile blanche a l’avantage de supprimer quantité de ravageurs divers tels que les cochenilles, les pucerons et plusieurs espèces de chenilles défoliatrices. La lutte chimique n’est entreprise que dans les cas où vous constatez une présence importante de ces chenilles. Nous vous conseillons de vous procurer un produit du nom de Bacillus Thuringiensis. Il s’agit d’un parasite qui va se développer dans la chenille et la tuer.

Conclusion
En règle générale, la nature arrive à se réguler sans notre aide, grâce à divers prédateurs et parasites des chenilles tels que les mésanges ou divers insectes diptères et hyménoptères (mouches et abeilles pondant des œufs à l’intérieur des chenilles). La lutte chimique ne devrait donc être envisagée que si la régulation naturelle de la cheimatobie s’avère insuffisante et que cette chenille présente un risque pour les plantes ou la production fruitière. Dans tous les cas, un choix judicieux de vos produits permettra de protéger les précieux auxiliaires dont nous avons parlé plus haut dans cette lutte.


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