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Les boutures

Définition:
Fragment de plante, tige, feuille ou racine que l'on détache et que l'on fait enraciner pour obtenir un nouvel individu. Dans le bouturage, l'enracinement est postérieur à l'isolement du fragment.
Avantages:
Cette méthode de multiplication asexuée permet la propagation des plantes dicotylédones principalement, sans passer par la fécondation. On peut, par bouture, obtenir une grande quantité de jeunes sujets; Ils seront des copies fidèles de la plante mère. La technique du bouturage est facile à apprendre.
Inconvénients:
Contrairement à la division et au marcottage, le bouturage demande des installations adéquates. Toutes les espèces ne réagissent pas de la même manière! On peut même ajouter que chaque genre botanique à ses exigences en matière de bouturage; certains demandent de la chaleur, d'autres l'étouffée alors que parfois les boutures ne s'enracinent qu'après de longs mois.
La technique:
Si, en théorie, rien ne s'oppose au bouturage des plantes dicotylédones, la technique ne s'applique que sur quelques plantes monocotylédones: il n'est pas possible de multiplier de cette façon les palmiers et les bananiers alors qu'on peut le faire avec les philodendrons par exemple.
Dans tous les cas, lorsqu'on effectue une bouture, il faut travailler à la manière du chirurgien! La propreté, l'hygiène et la netteté des coupes sont indispensables à la réussite. Le travail, ce sont les soins que l'on apporte aux jeunes opérées qui seront déterminants: Humidité, ombrage, lumière, chaleur, aération sont des détails à régler pour éviter que la bouture pourrisse ou se dessèche avant que le cal se soit développé et que les premières racines pointent.
Comme les horticulteurs (moi aussi) ont la fâcheuse habitude d'utiliser des mots bizarres, voici donc un premier lexique qui vous permettra de vous y retrouver.
Petit glossaire.
Cotylédon: Première feuille qui apparaît lors de la germination. Il a une durée de vie courte.
Monocotylédone: Plante qui, lorsqu'elle germe, donne naissance à un seul cotylédon (graminées, musacées, palmacées etc.)
Dicotylédone: Plante qui, lorsqu'elle germe, donne naissance à deux cotylédons (astéracées etc.) On connaît encore des plantes à plusieurs cotylédons: (5 à 15 comme les conifères)
Humidité: Teneur en eau d'un sol ou de l'atmosphère. Pour la multiplication, l'humidité est le facteur le plus important.
Ombrage: Installation que l'on place sur les cultures poiur diminuer l'intensité lumineuse sur les feuilles afin de faire baisser la température ou éviter les brûlures.
Lumière: énergie diffusée par le soleil ou une lampe électrique. C'est la lumière qui agit sur la photosynthèse, véritable moteur solaire des végétaux.
Photosynthèse: (assimilation chlorophyllienne) Action qui vise à la transformation de la sève brute en sève élaborée. C'est seulement en présence de chlorophylle et de lumière que cette réaction peut avoir lieu.
Chaleurs de fond: Chaleur diffusée et provenant par-dessous. La chaleur de fond est produite par un câble chauffant électrique ou un radiateur.
Cal: Masse de cellules nées par prolifération au niveau d'une cicatrice. C'est sur le cal que naissent les racines.
Couteau à bouturer: Instrument dont la lame est d'un excellent acier dur qui peut être affûté facilement afin d'obtenir des coupes nettes.

Les diverses boutures.
Après les généralités, parlons cette semaine des diverses boutures en débutant par les boutures de rameaux. Selon les genres et espèces, vous devrez prélever des fragments de tiges herbacés, semi-ligneux ou ligneux. Vos boutures seront peut-être de tête, d'entre-noeud ou même à talon!
Les boutures herbacées sont bien adaptées à la multiplication des plantes d'appartement à feuillage ou des espèces à fleurs comme les anthémis, les géraniums et les fuchsias. Ces boutures seront généralement de tête. Pour réaliser cette bouture, vous devez couper le sommet d'une tige d'une longueur de 7 à 12 cm de longueur en ayant toujours 2 à 3 étages de feuilles et le bourgeon terminal. Après avoir rafraîchit la coupe à 2mm sous la feuille la plus basse, on élimine le 1/3 du feuillage avant de la piquer dans le substrat.
Mais, ces boutures peuvent aussi être d'entre-noeud, constituées de fragments de tige dépourvue de leur oeil terminal: (Les lierres et les Epripemnum sont multipliés ainsi) elles sont dotées de 2 à 3 feuilles. Comme toujours la base de la bouture est rafraîchie et la première feuille de la base supprimée! Avant de planter ces boutures, vous prendrez garde de ne pas les retourner car la plante ne poussera pas si vous lui mettez la tête en bas!
Les boutures semi-ligneuses ou aoûtées réussissent bien lorsque l'on multiplie les arbustes à feuilles caduques. Ce type de boutures bien que facile à réaliser ne réussit pas toujours! Si la tige est trop herbacée la bouture pourrit ou se dessèche avant de s'enraciner. A l'opposé, si le bois est déjà trop ligneux, le call ne se forme pas et les racines ne se développent jamais. Il suffit parfois de quelques jours pour que la reprise soit excellente ou désastreuse.
La bouture à talon est de tête préparée avec un rameau latéral, la bouture est coupée avec un lambeau de bois pris sur la tige principale. C'est de cette manière que l'on multiplie les arbustes à feuillage persistant et les conifères.
Les boutures herbacées et semi-ligneuses sont toujours plantées en pots, sous protection à l'abri des courants d'air. Selon le genre botanique concerné, les jeunes pousses seront placées plus ou moins au chaud et même sur chaleur de fond. Vous prendrez pour règle de placer les espèces originaires des pays tropicaux à une température de 25° environ; les plantes qui passent l'été au balcon ou au jardin reprendront mieux à une température ambiante d'appartement alors que les espèces rustiques resteront simplement sous couche.
Les boutures de tiges ligneuses spécialement bien adaptées à la propagation des Ribes, des groseilliers et des saules, se préparent en début d'hiver! Vous devez sélectionner des rameaux jeunes de 25 à 30 cm de longueur ( de l'année) et les planter profondément, directement au jardin dans une terre améliorée de compost.
Boutures de feuille et de racine.
Pour terminer ce tour d'horizon il faut que nous parlions de deux façons de bouturer des plantes de genres botaniques bien précis.
La bouture de feuille.
Cette méthode consiste à plaquer ou piquer des feuilles entières sur ou dans le substrat ou des fragments de limbes nervurés. On multiplie ainsi les Begonia, les Saintpaulias, les Streptocarpus, les kalanchoe et les Peperomia. Ces végétaux ont la faculté d'émettre des racines directement des nervures et des pétioles puis de "fabriquer" un bourgeon végétatif qui donnera naissance à une jeune plante: Facile non?
Lors de cette opération, les chances de réussite peuvent passer de zéro à 100% en fonction de l'âge de la feuille, de la température ambiante de l'humidité du substrat et de la qualité du mélange.
La bouture de racine.
Cette technique est pratiquée pour multiplier les framboisiers. Il suffit de prélever des fragments de racine de 20 à 30 cm de longueur. Ces radicelles sont ensuite déposées sur un lit de terreau dans une terrine à semis puis recouverte de 2 cm de substrat. Laissez la terrine à l'ombre, au jardin, sous une feuille de plastique. En quelques semaines, vous verrez poindre de nouvelles pousses que vous pourrez prélever en tronçonnant les racines. Il vous suffira de les empoter pour les faire pousser.
Les soins qui assurent la réussite.
Pour donner un maximum de chance aux plantules, vous devez prendre quelques mesures d'hygiène.
1 Les coupes doivent être les plus nettes possibles en utilisant des outils bien affûtés.
2 Les rameaux prélevés doivent être sains et vigoureux.
3 Les terreaux prévus pour la plantation des boutures seront légers et surtout très propres.
4 Le matériel sera neuf ou très propre afin d'éviter tout développement de maladie.
5 Des contrôles réguliers, tous les deux à trois jours, seront effectués afin de pouvoir combattre à temps tout développement de maladies.
6 un poudrage préventif avec un fongicide est utile pour combattre les pourritures éventuelles.
Bien entendu, vous respecterez les températures de multiplication nécessaires à l'enracinement des espèces concernées. On peut dire que les plantes provenant des pays tropicaux demandent entre 25 et 30° pour prendre racines alors que les espèces vivant dans nos jardins ont besoin d'une température située en 18 et 20°.
Il est important d'éviter les courants d'air et les sauts de température.
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