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Les châtaignes, c’est le plat préféré que l’on grignote au marché de Noël ou à la maison avec du beurre. Surprise désagréable : Certaines sont ou ont - été habitées. Rencontre du squatter.
Curculio elephas est un petit charançon que l’on nomme plus communément le balanin des châtaignes. Pas trop sectaire, on le trouve aussi sur les chênes; heureusement, nous ne mangeons pas les glands.
Sa biologie
Il y a quelques mois, vous aviez découvert le balanin des noisettes: ce cousin est très similaire, mais sont rostre est beaucoup plus grand. Je vous laisse imaginer ce petit imago de 8 mm de longueur au museau démesuré; le rostre des femelles peut être deux fois plus long que celui des mâles et aussi long que le propre corps de la femelle.
Vers mi-août, les adultes apparaissent, se nourrissent et s’accouplent dix jours plus tard. Les femelles commencent alors à pondre à l’intérieur même des fruits. Elles se promènent sur les bogues (la boule de piquants) jusqu’à ce qu’elles trouvent un espace entre les pointes acérées. Une fois cet emplacement trouvé, la femelle enfonce son rostre et tourne autour en prenant appui sur les piquants. Si elle n’arrive pas à tourner, elle balance la tête de gauche à droite jusqu’à ce que le rostre ait été traversé. Je vous laisse imaginer le travail. Elle retire ensuite son rostre, se retourne et pond un à deux œufs dans le trou. Elle recommence ensuite le travail un petit peu plus loin. Elle percera ainsi une quarantaine de trous.
Bien calé dans son garde-manger, l’embryon, ensuite la larve, se développent tranquillement durant 40 jours, en dévorant le centre de la châtaigne. Lorsque la larve a atteint son quatrième stade, elle perfore le fruit en créant un trou circulaire de 3 à 4 mm environ. Les fruits véreux tombent en général avant le terme, et la larve n’a plus qu’à gagner la terre ferme et s’enfoncer de 1 cm dans le sol pour hiverner au cœur d’une petite loge de protection.
Les larves passent l’hiver en diapause dans le terrain, se nymphosent par la suite en juin. Dès la fin août, le cycle recommence. Fait étonnant, si les conditions ne sont pas parfaites pour la nymphose, la larve peut rester en diapause (sorte d’hibernation) durant 4 ans dans le sol.
Dégâts
Les dégâts sont causés par les stades larvaires qui se développent dans les fruits. L’emplacement de la ponte par la femelle est difficilement visible, mais se présente sous la forme de petites colorations brunes. Dans les fruits, les dégâts des larves sont visibles. Les galeries sont remplies de déjections brunes et compactes, plus grosses que celles du carpocapse, qui peut aussi être un parasite des châtaignes. Les trous de sortie sont ronds et facilement repérables, d’un diamètre de 3 à 4 mm. Les trous creusés par le carpocapse sont plus petits, environ 2 mm.
Moyens de lutte
Il n’y a pas de moyens de traitement chimique efficace, c’est pourquoi les techniques de lutte préventives sont les plus efficaces.
Ramasser toutes les châtaignes au sol et détruire les sujets habités, cela réduit le nombre de larves qui s’installeront dans le sol.
Un travail léger de la terre permet de détruire les larves hivernantes en les remontant à la surface, et ainsi à la merci du froid et des oiseaux.
Le travail du sol ne doit pas être trop profond, car les racines du châtaignier sont sensibles au phytophtora, champignon parasite redoutable.
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